1 - Poser la question de la consommation d'alcool

De manière générale, les patients attendent de leur médecin traitant un soutien préventif.

Aborder la question de la consommation d’alcool est un acte médical normal et légitime eu égard aux liens évidents de cette consommation avec la santé du patient.
Ce n’est pas insinuer que le patient est alcoolique, ce n’est pas un acte intrusif lorsque l’on utilise une approche adéquate.

Il faut évidemment veiller à :

  • créer un climat favorable à la discussion ;
  • adopter une attitude empathique exempte de tout jugement ;
  • chercher la motivation du patient.

2. Dépister puis poser un diagnostic

Le dépistage d’un mésusage d’alcool repose sur la consommation déclarée d’alcool

  • via un relevé sur une semaine des unités consommées)
  • et via le recours à un test (AUDIT ou FACE par exemple).

Sur cette base, et le cas échéant un approfondissement de l’anamnèse, un diagnostic peut alors être posé

  • Usage à faible risque
    = consommation sous les seuils d’unités préconisés par l’OMS : 14 verres standard (ou unités)/semaine chez la femme et 21 verres standard (ou unités)/semaine chez l’homme + nécessité d’au moins un jour d’abstinence par semaine + absence de consommation en situation à risque (grossesse, conduite automobile, usage de machines)

  • Usage à risque
    = consommation supérieure aux seuils d’unités préconisés par l’OMS

  • Usage nocif
    = consommation accompagnée de conséquences médicales, psychologiques ou sociales

  • Dépendance

3. Quelle intervention pour quel diagnostic ?

  • Usage à faible risque
    Transmettre les connaissances de base au patient pour qu’il reste un usager à faible risque.

  • Usage à risque
    Transmettre les connaissances de base et soutenir le patient pour qu’il devienne un usager à faible risque (retour aux balises de consommation proposées par l’OMS).

  • Usage nocif
    Expliquer au patient le lien entre sa consommation et sa (ses) pathologie(s). Et donc diminuer la consommation.

  • Dépendance
    Mettre en place, avec la participation du patient, une prise en charge multidisciplinaire

En cas d’usage nocif ou de dépendance, deux voies sont possibles, à prioriser selon le choix du patient : l’abstinence ou la consommation contrôlée.

Toujours proposer un suivi !

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