On dit que l'alcool est une drogue. J'ai difficile à le croire, car cela voudrait dire que nous sommes presque tous des drogués! Qu'en pensez-vous? 

L'alcool est en effet classé parmi les produits "psychotropes" parce qu'il modifie l'état de conscience, les perceptions de l'individu.

D'autres psychotropes sont par exemple le cannabis, l'héroïne, la cocaïne, le tabac, le LSD, certains médicaments comme les benzodiazépines (des "calmants", somnifères, etc). 

Dans le langage courant, on parle parfois de drogues douces et de drogues dures. L'alcool est considéré comme une drogue dure. Mais cette classification n'est plus considérée comme utile.

Une autre distinction repose sur le caractère autorisé ou non par la loi de la consommation de drogues. L'alcool est une drogue "licite", tandis que le cannabis, l'héroïne, etc. sont des drogues "illicites".

Le fait que l'usage d'un produit psychotrope soit autorisé ou interdit ne donne aucune indication sur ses effets sur la santé.
Autrement dit, l'usage de certains produits "illicites" n'est pas plus nocif que l'usage inadéquat de l'alcool.

L'alcool présente les caractéristiques de ce que l'on qualifie de "drogue" dans le langage courant. 

  • Il entraîne de la tolérance. En cas d'usage régulier d'alcool, le consommateur doit progressivement boire plus d'alcool pour ressentir les mêmes effets.

  • Il peut provoquer une dépendance. La dépendance à l'alcool est de deux types.

    En cas de dépendance psychologique, le consommateur ressent progressivement une incapacité à se sentir bien s'il n'a pas bu de l'alcool. L'ingestion d'alcool devient alors une habitude ou une nécessité.

    La dépendance physique se traduit par une incapacité à vivre une journée sans alcool. Le corps s'est accoutumé à l'alcool au point d'en avoir un besoin permanent pour fonctionner. La personne doit alors boire quotidiennement et perd souvent le contrôle de la quantité ingérée. En cas de privation d'alcool, elle ressent un "manque" et des signes de sevrage apparaissent.

  • Le sevrage se manifeste lors de l'arrêt brutal d'une consommation excessive d'alcool qui dure depuis longtemps. Des symptômes très caractéristiques peuvent survenir, et ce déjà après quelques heures : des tremblements des mains, une accélération du rythme cardiaque, de la transpiration, des nausées ou des vomissements, des insomnies.
    Ces signes sont dus à une hyperexcitabilité des cellules nerveuses (neurones) du cerveau en manque d'alcool. Des hallucinations et des crises d'épilepsie peuvent parfois survenir ; la forme la plus grave est appelée "delirium tremens".

Vous trouverez plus d'informations dans le dossier "Alcool" publié sur le site www.mongeneraliste.be

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