L’Antabuse® est-il un médicament utile et « sûr » ?

L’Antabuse® modifie la destruction – le métabolisme – de l’alcool par le foie, aboutissant à l'accumulation d’une molécule intermédiaire de ce métabolisme, à savoir « l’acétaldéhyde ».
 
L’accumulation d’acétaldéhyde va provoquer des effets secondaires tels qu’une rougeur de la face, une modification de la tension artérielle, des palpitations, des nausées. Dans des cas exceptionnels, l’excès d’acétaldéhyde peut mener à des malaises plus graves, voire à un décès. Ces effets secondaires ne surviennent que lors de la prise de boisson, même parfois après des quantités minimes de boisson ou d’alcool dans une préparation culinaire.
 
« L’effet Antabuse® » ne se déclenche pas chez toutes les personnes sous traitement. Une personne peut paraitre « résistante » à l’Antabuse® et plus tard, de façon non prévisible, buvant sous Antabuse®, en être victime.
 
Un traitement par Antabuse® ne sera prescrit qu’après avoir expliqué ces effets de façon minutieuse au patient.
 
Le traitement par Antabuse® est basé sur la dissuasion et non sur la réduction de l’envie de boire. C’est comme un « gendarme interne » accepté par le patient dûment éclairé. Le médicament convient à des personnes non-impulsives capables dès lors de ne pas boire ce jour-là parce qu’elles sont bien conscientes du risque encouru. L’Antabuse® ne convient donc pas aux personnes impulsives.
 
Si vraiment la personne veut reboire, il s’agira d’arrêter l’Antabuse® pendant 48 à 72 heures avant de reboire, si ce choix est fait. Avant de commencer un traitement par Antabuse®, il faut être abstinent depuis 48 à 72 heures.
 
L’Antabuse®, compte tenu de tout ceci, peut se révéler un médicament précieux pour tenir le cap de l’abstinence. Les implants d’Antabuse® n’existent plus depuis bien longtemps ; sont prescrits les comprimés, avec prise quotidienne.

L’Antabuse® a-t-il des effets secondaires « médicamenteux » : il faut une surveillance par l’ophtalmologue (risque de névrite optique) ; il y a un risque d’aggravation d’une polynévrite et un risque pour le foie (les tests hépatiques sont donc à surveiller). On peut réduire l’incidence des effets secondaires en réduisant les doses d’Antabuse® prescrites. En effet, ½ comprimé par jour, voire ¼ de comprimé par jour, déclencheront « l’effet-Antabuse® » le plus souvent autant que 1 comprimé par jour, tout en réduisant l’incidence des effets secondaires « médicamenteux ».
 
En conclusion, l’Antabuse® garde de bonnes indications et, chez certaines personnes, peut s’avérer être une aide précieuse au maintien de l’abstinence.

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