J’ai entendu dire que les femmes sont plus fragiles par rapport à l’alcool. Vrai ou faux ?

Vrai ! La vulnérabilité des femmes par rapport à l’alcool est majorée pour trois raisons.

La première : le corps humain est composé de deux « compartiments » : le compartiment « gras » ou lipidique et le compartiment non lipidique (par exemple musculaire). Anatomiquement les femmes ont un compartiment lipidique relativement plus volumineux que celui des hommes (à poids corporel égal). L’alcool ne trouve pas place dans le compartiment lipidique. A poids égal, l’espace de diffusion de l’alcool (le compartiment non lipidique) est plus petit chez la femme par rapport à un homme. Un homme et une femme de 60 kg consommant la même quantité de boissons alcoolisées n’ont donc ni la même alcoolémie sanguine, ni la même alcoolémie tissulaire. L’alcoolémie de la femme sera plus élevée.

La deuxième : le poids corporel des femmes est en moyenne moins élevé que celui des hommes. L’espace de diffusion de l’alcool est proportionnel au poids corporel. Si on fait référence au poids d’une personne, l’alcoolémie sanguine et tissulaire est plus élevée chez une personne de poids inférieur.

La troisième : chez l’homme une petite partie de l’alcool bu (5% à 10%) est détruite au niveau de l’estomac par une enzyme (ADH ou alcool-déshydrogénase). Ce mécanisme d’élimination de l’alcool est quasi inexistant chez la femme.

Par ailleurs, les chiffres de morbidité en fonction de la consommation d’alcool sont défavorables pour la femme pour de nombreuses maladies induites par l’abus de boissons alcoolisées : buvant trop et à poids égal, les risque d’AVC hémorragique sont significativement plus élevés chez la femme par rapport à l’homme. Le risque de cirrhose est nettement plus élevé chez la femme, à poids égal et consommation égale (avec présence de facteurs génétiques défavorisant la femme). Le risque de cancer du sein augmente avec la consommation d’alcool : élévation de ce risque de 10% par verre standard / jour ; on considère dès lors que le risque de cancer du sein double (+ 100%) pour une consommation de 10 verres standard / jour (soit 1 ½ bouteille de vin / jour ou son équivalent en verres standard. Deux ou trois bières spéciales 33 cl / jour c’est majorer le risque de cancer du sein de 50% !

L’inégalité des sexes par rapport à la consommation de boissons alcoolisées est donc non seulement réelle mais elle est significative !

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