« J’ai récemment pris pleine conscience que j’ai un sérieux problème d’alcool. Le déclic ? Un passage aux urgences : j’avais 3,2 gr/litre de sang. Moi ! J’ai revu mon médecin généraliste ; nous en avons parlé : il est vrai que je bois 1 pack de 8 bières 33 cl et ceci quasi tous les jours ; parfois plus ; parfois moins ; je ne sais plus m’en passer. J’ai perdu le contrôle. Mon docteur évoque le diagnostic d’addiction. Moi accro ? De fait il a raison. Il me dit qu’il n’y a que deux choix : ou bien réduire drastiquement (1 ou 2 verres de bière 25 cl par jour et des jours à « 0 » ou arrêter totalement. Arrêter totalement… je ne saurais pas, quelle horreur ! Mon médecin m’a demandé de revenir dans une semaine et de réfléchir après notre premier bilan et au dilemme posé. Que faire ? ».

Quel que soit votre choix, il y a un plan pour vous. Mais permettez-moi de vous parler encore de ce plan « zéro ». Boire très peu va exiger de vous un contrôle quotidien et permanent. Le contrôle… c’est ce que vous n’avez plus et ce pourquoi notamment vous consultez. Vous aspirez par là à ce que vous ne pouvez plus faire dans la réalité. Ne plus boire du tout est parfois plus facile que de boire très peu ; c’est-à-dire de mettre la barre à une ou deux 25 cl ! Tout en buvant la première, dites-vous bien que c’est la dernière du jour ou l’avant-dernière du jour. En fait, ce n’est pas le premier verre qui vous intéresse, ce sont les suivants. Ce que vous cherchez dans ce pack, c’est l’effet. L’effet vous ne le trouverez pas – jamais –  dans une seule et unique 25 cl. Vous buvez ainsi depuis longtemps et votre consommation s’est probablement automatisée. Tout ce qui est automatique est difficile à changer, je le sais, mais pas du tout impossible. Un traitement médicamenteux de sevrage et de judicieux conseils vous aideront à faire le pas de ne plus boire du tout. Après coup, de nombreux patients disent avec fierté que cela avait été bien plus facile qu’initialement prévu.  Dès le sevrage acquis – après 5 à 7 jours – vous verrez rapidement les avantages de votre plan zéro. Et puis, l’alcool, à votre stade, c’est une toxicomanie. Concevriez-vous, si votre neveu était toxicomane à l’héroïne et qu’il s’en débarrasse par un sevrage, qu'il lui soit possible de consommer à l’occasion une « petite boulette » ? Le plan zéro, cela n’est pas l’affaire de la dite « volonté » ; cela s’apprend et c’est l’objectif des consultations. L’accompagnement médical et psychosocial, c’est un peu de la pédagogie. Ceci dit… si vous optez pour le plan « très peu », le médecin sera aussi là ! J’ajouterai que l’abstinence n’a rien de triste, c’est souvent un nouveau départ dans la vie. Dans la vie de tous les jours, refuser une consommation cela s’apprend relativement aisément. Vous retrouverez une liberté et une forme de fierté de vous-même que vous n’avez plus depuis bien longtemps.

Cherchez un soignant inscrit au réseau alcool mis en place par la SSMG