Boire, est-ce bon pour le cœur et la circulation ? J’entends dire une chose et son contraire ...

Il faut préciser cette question et cette notion de « bon pour le cœur ». La question est-elle celle de l’impact de l’alcool sur les artères coronaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde) ? Celle de l’impact de l’alcool sur l’hypertension artérielle (voir FAQ hypertension artérielle) ? Celle de l’alcool sur le déclenchement de troubles du rythme cardiaque ? Celle de l’influence de l’alcool sur les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ? Celle de l’impact sur la fonction du muscle cardiaque lui-même ? Celle de la mortalité globale ?

L’impact sur les coronaires ? Il s’agit bien là d’un impact protecteur ; l’effet protecteur est maximum pour 20 g d’alcool par jour (voir FAQ verres standard ou unités d’alcool). Le bénéfice s’inverse entre 72 et 89 g d’alcool/jour. On parle d’une courbe en « J » ou « U » ; schéma ci-dessous. Ce bénéfice n’est décrit que pour des patients de plus de 45 ans. Bénéfice quel que soit la nature de l’alcool ; la bière allemande ne protège pas mieux que le vin de Bordeau ! Le bénéfice est présent chez des patients buvant modérément 3 à 4 fois par semaine. Le binge drinking, au contraire, est à l’origine de calcifications des coronaires. Boire un ou deux verres par jour réduit donc le risque coronarien.

L’impact sur les troubles du rythme cardiaque ? L’abus d’alcool augmente les risques de survenue de fibrillation auriculaire (FA), même chez un patient sans antécédents de ce type d’arythmie. La FA augmente significativement le risque d’embolies au niveau du cerveau ou dans les coronaires : donc le risque d’infarctus du myocarde et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Les risques de fibrillation ventriculaire sont également majorés (risque de mort subite). Les accès de FA surviendront le plus souvent dans le cadre de binge drinking voire d’intoxication éthylique aiguë.

Et le muscle cardiaque ? Boire 90 g/jour pendant plus de 5 ans expose au risque d’atteinte du myocarde : on parle de cardiomyopathie. Sans arrêt de la boisson et de traitement adéquat le taux de décès à 4 ans est de 50 %.

Quant à l’accident vasculaire cérébral (AVC), il faut distinguer AVC par thrombose (obstruction artérielle) dit « ischémique » de l’AVC hémorragique.

Pour l’AVC ischémique, c’est comme pour les risques d’obstruction des coronaires. On décrit ainsi aussi une courbe de risque en « J » ou « U ». L’effet protecteur se manifeste jusqu’à 24 g/jour. Sachez néanmoins qu’en cas de binge drinking, le risque d’AVC ischémique augmente.

Pour l’AVC hémorragique, le risque augmente dès 12 g/jour. La raison ? L’HTA éventuelle, la FA éventuelle, les troubles de coagulation fréquents associés à l’abus de boissons alcoolisées. Une femme qui boit 40 g/jour augmente son risque relatif (RR) d’AVC hémorragique de 8 fois ; un homme buvant de 40 à 59 g/jour augmente ce RR de 2,2 fois.

En résumé, on pourrait dire que boire moins d’un verre par jour abaisse la mortalité globale et que cette diminution est liée au bénéfice coronaire. Au-delà de 3 verres par jour, la mortalité globale augmente nettement. Sans oublier de dire que le risque de cancers induit par l’alcool augmente quant à lui dès le premier verre !

 

CourbeJ

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