Mon mari boit son bac de bière, tient debout, est parfois très nerveux ; on dit que l'alcool est un sédatif, comprenez-vous cela ?

L’alcool agit en deux phases : les premiers verres ont un effet euphorisant, désinhibant au point de vue des idées et des paroles ; il y a même une forme d’agitation motrice. Ce sont là des effets « excitants ». Cette phase « d’excitation » ne s’émousse pas au fil des mois et années ; au contraire, ce que ressent le buveur avec ses premiers verres va croître au fil du temps ; les scientifiques parlent d’une « sensibilisation » vis-à-vis de ces effets excitants.

Dans la seconde phase de l’alcoolisation (après quelques verres) apparaissent les effets sédatifs des boissons alcoolisées ; ces effets sédatifs diminuent au fil des mois et années d’alcoolisation. On parle d’une « tolérance » (ou accoutumance) vis-à-vis de ces effets sédatifs.

On peut donc en arriver à boire beaucoup (un bac de bière) et manifester peu d’effets sédatifs apparents. Néanmoins, les premiers verres du même buveur en font parfois un boute-en-train qui le restera longtemps.

Très tard dans l’évolution de la personne alcoolodépendante, les phases décrites plus haut ne seront parfois plus si claires : la personne n’est plus euphorique avec ses premiers verres ; elle tient moins bien et supporte donc de moins en moins de boire beaucoup : une forme de tolérance inversée.

La tolérance ou accoutumance n’est compréhensible que si l’on prend en compte les modifications très sévères du fonctionnement de l’ensemble des neurotransmetteurs du cerveau chez la personne alcoolique chronique ; si le bac de bière est et reste sédatif, les neurotransmetteurs sédatifs (GABA) ou leurs effets s’amenuisent avec la tolérance et les neurotransmetteurs excitateurs (glutamate) ou leurs effets augmentent considérablement chez la même personne alcoolique. Il y a un nouveau pseudo-équilibre avec une pseudo-normalité sociale. Le sevrage brutal (sans traitement médical) laisse le cerveau dans un état hyperexcitabilité préoccupant : activité très élevée du glutamate non compensée par l’alcool : un orage électrique – une crise de convulsions dite épilepsie – peut survenir.

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