Mon mari boit beaucoup. Il a souvent l’esprit ailleurs. Mais il y une chose qui m’énerve particulièrement : un bruit de décapsuleur, la vue d’une canette, d’une enseigne publicitaire d’un alcoolier,... et le voilà éveillé. Il est toujours le premier à repérer ce genre de choses quand nous sommes en famille ou entre amis ? Le fait-il exprès ?

Votre mari boit donc beaucoup. Boire est toxique pour les neurones et notamment les neurones de la zone frontale du cerveau humain. Ce cerveau frontal est, entres autres, responsable de tout ce qui n’est pas « automatique » dans nos vies : planifier, juger des choses, élaborer des stratégies, adapter son plan initial à de nouvelles données, être capable d’inhibition de nos automatismes. Votre mari perçoit donc tous ces stimuli en rapport avec l’alcool plus et plus vite qu’une personne « normale » : on parle en termes professionnels de « biais attentionnel » ; il s’agit donc notamment d’un « déficit d’inhibition » corrélé avec son « biais attentionnel ». Plus globalement, dans le cerveau d’une personne où l’alcool a entrainé des conséquences toxiques, la balance entre « contrôle » et « émotions » n’est plus respectée ; il y a perte de « contrôle » (frontal) et exagération des émotions. Ce « biais attentionnel » n’est donc pas quelque chose que votre mari fait exprès, témoignant de son obsession pour la boisson. A noter que le « biais attentionnel » peut être parfaitement mesuré et objectivé dans un bilan neuropsychologique ou par l’électrophysiologie. A noter aussi que « biais attentionnel » et « déficit d’inhibition » sont des prédicteurs de rechute lorsqu’ils persistent après le sevrage ou la désintoxication à l’hôpital.

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