Peut-on faire plusieurs « dépendances » au cours de sa vie ? J’ai entendu l’expression « changer de comptoir ». J’aimerais mieux comprendre ceci.

En effet, concomitamment ou successivement, plusieurs dépendances peuvent coexister ou s’installer. L’association alcool et jeu, alcool et médications sédatives telles les benzodiazépines ou encore alcool et cocaïne est fréquente. Dans le temps, après une toxicomanie aux opiacés « guérie », on peut voir apparaitre un mésusage d’alcool.

L’explication ?

D’une part, substances addictives ou comportements addictifs entraînent, au niveau du cerveau, le même emballement du « circuit de la récompense » ; ce circuit de la récompense activé libère de grandes quantités de dopamine qui est le neurotransmetteur du plaisir chez l’être humain. Ce que le cerveau addict cherche, c’est de la dopamine… peu importe la voie chimique ou comportementale qui y mène. Les addictions sont une recherche de plus en plus frénétique de dopamine chez une personne qui, personnellement et socialement est en train de s’effondrer. L’addiction au niveau neuronal, dans le cerveau, est une « autothérapie » qui tourne au cauchemar. Et ce circuit de la récompense finit par n’être activé que par les substances addictives ou les comportements addictifs. Les stimuli naturels du plaisir (sport, musique, amitié, etc…) ne « fonctionnent » plus. L’addiction tourne en boucle.

D’autre part, la personne « dépendante » ne cherche plus qu’une chose dans le « produit » ou le « comportement » : l’effet psychoactif. Goût ou plaisir, de fait, deviennent secondaires. L’ivresse alcoolique est une « absence » (des réalités socio-familiales) ; être quelques heures dans un casino rivé à la table de jeux ou s’adonner au bingo est la même « absence ». L’alcool et le jeu : la même fuite temporaire.

Enfin, les personnes addicts, portent très souvent de lourdes souffrances personnelles et anciennes dans leur histoire de vie ; là encore, THC (cannabis), alcool, médications sédatives, codéine, opiacés, … c’est le même soulagement.

« Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » ! disait déjà Alfred de Musset (1810-1857). Dépendances multiples, voilà qui n’est pas neuf !

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