L’abstinence « heureuse », c’est quoi ? Je sais que suis « alcoolique » ; je me suis rendu(e) dans un groupe d’entraide, j’ai entendu parler « d’abstinence heureuse ». Mon médecin aussi m’a parlé de cette notion.

L’abstinence est donc le fait de ne plus boire à long terme, à vie dans de nombreux cas lorsqu’on est « alcoolique ».

Soit la personne alcoolique sera dans une logique du « je ne peux plus boire », soit dans celle du « je ne veux plus boire ». Et parfois entre ces deux positions.

La logique du « je ne peux plus boire » est le plus souvent mal vécue et peu durable. La personne alcoolique a arrêté sa consommation parce qu’il y a une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Continuer à boire peut mener à une perte d’emploi, le « patron » l’a clairement laissé entendre. Continuer à boire, c’est la menace exprimée d’une démarche de divorce. Continuer à boire, c’est perdre son permis de conduire. L’abstinence sera contrainte, souvent peu durable et certes non heureuse.

La logique du « je ne veux plus boire » est une décision responsable face à un constat lucide : continuer à boire mène à de gros problèmes médicaux et psycho-sociaux. Continuer à boire est une autodestruction. Arrêter de boire, c’est retrouver sa « liberté ». La thérapie, c’est dès lors notamment apprendre à mieux se connaitre soi-même et, entre autres, son propre monde de ses propres émotions ; apprendre à gérer ses propres émotions de façon bénéfique pour soi, pour son entourage et sans cet alcool. C’est acquérir la confiance en soi et l’estime de soi que, souvent, on n'avait pas ou qu’on avait perdu. Tout ceci mène à une amélioration rapide des relations avec autrui : famille et amis. C’est atteindre une qualité de vie personnelle, familiale et sociale « neuve » pour la personne alcoolique qui poursuit son abstinence. L’abstinence n’est plus un but en soi, c’est la condition sine qua non de pérenniser cette « liberté » retrouvée. Il y a dès lors un épanouissement personnel. On parle d’abstinence heureuse. Cette logique là est celle de la résilience.

Entre « je ne peux plus boire » et « je ne veux plus boire », il y a des situations mixtes où l’un et l’autre coexistent, parfois de façon variable au fil du temps.

Il n’y a pas de chiffres au sujet du devenir des personnes abstinentes ; on évoque 10 % à 30 % de personnes alcooliques atteignant cette abstinence heureuse de façon très claire. Passer de la « dépendance-obsession » au « détachement ».

L’alcoolisme est une maladie dont on sort parfois grandi !

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