J’ai lu un petit article sur la « codépendance » qui m’interpelle. Je comprends mal son contenu. Mon mari boit beaucoup trop. Ai-je la bonne attitude, j’en doute depuis cette lecture.

La « codépendance » est un concept qui trouve ses applications tant en milieu familial qu’en milieu de travail. Est « codépendant » une personne non-alcoolique de l’entourage familial ou un collègue de travail qui, par son attitude inadaptée, permet à la personne « alcoolique » de poursuivre son mésusage d’alcool sans devoir se remettre en question.

Exemples : Madame, croyant bien faire, prévient l’employeur de son mari que celui-ci a la grippe, alors qu’en fait c’est le lendemain de la veille. Monsieur va chercher des boissons alcoolisées pour Madame qui, ayant déjà trop bu, n’ose plus sortir de la maison. Au travail, un collègue qui a trop bu – comme trop souvent – est de plus en plus souvent « ignoré » par ses collègues ; ses collègues finissent par faire le travail à sa place, soit pour le « couvrir », soit pour ne plus être gêné par ses propos ou attitudes inadaptées ; on le met à l’écart, le laissant dormir dans son coin. C’est encore le couple où on boit une bouteille de vin à deux tous les soirs ; Monsieur est « alcoolique », néanmoins Madame s’efforce de boire elle-même deux verres de cette bouteille : c’est toujours cela que son mari boira en moins.

La codépendance, de façon imagée c’est mettre un coussin entre la tête de la personne « alcoolique » et la réalité, ce qui retarde la prise de conscience ou le « déclic » de la personne « alcoolique » en lui évitant d’être confrontée aux conséquences de ses alcoolisations. Elle peut continuer à boire « en toute quiétude ». La personne codépendante agit le plus souvent en croyant bien faire et protéger celle qui boit trop.

La bonne attitude alors ? Renoncer à cette « protection » et laisser la personne « alcoolique » se confronter à la réalité ; ceci contribuera peut-être au « déclic ». Le conjoint doit indiquer clairement ses limites et faire comprendre que vivre en couple cela n’est pas se néantiser ensemble. Que laisser faire c’est non-assistance à personne en danger. Permettre à l’alcoolisation de se poursuivre, de fait, n’est pas une solution. A noter que la personne codépendante agit ainsi, croyant bien faire. La solution : évoquer ce problème avec le médecin traitant ou d’autres soignants.

Les collègues de travail, si dysfonction au travail il y a, ne peuvent être complices ni pour couvrir le collègue, ni pour « avoir la paix » eux-mêmes. L’ambiance au travail va se dégrader et le collègue « alcoolique » s’enfoncer. Il y des procédures en milieu de travail visant à gérer l’alcoolisation au travail.

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