Boire est mauvais pour le foie. Quelles maladies du foie ? Y a-t-il des facteurs de risque, outre le niveau de la consommation elle-même ?

10 % à 15 % des buveurs excessifs finiront par développer une cirrhose. L’obésité est un facteur de risque important. La biopsie hépatique confirme le diagnostic et le stade d’évolution d’une maladie du foie.

La consommation excessive chronique d’alcool va entrainer une stéatose chez 90 % à 95 % de ces consommateurs ; dans 10 % à 20 % des cas d’abus d’alcool, on en viendra à une fibrose ; dans 8 % à 20 % des cas, il y aura évolution vers la cirrhose ; 3 % à 10 % des cirrhoses évolueront vers l’hépatocarcinome.

Précisons ces termes :

  • Stéatose : c’est « le foie gras ». Cela se voit à l’échographie. Cette atteinte est parfaitement « bénigne » et réversible sous abstinence.

  • Stéato-hépatite : il y a alors des zones inflammatoires au sein de la stéatose. Le risque d’évolution à fibrose est alors plus important.

  • Fibrose : il y a alors des travées de « mort cellulaire » dans le foie ; des zones moins atteintes quant à elles peuvent récupérer sous abstinence. La fibrose est donc partiellement réversible. On décrit des stades de fibrose : 0 (pas de fibrose), 1 , 2, 3, 4. Si l’inflammation s’en mêle, on parle de « fibro-hépatite ».

  • La cirrhose est une fibrose de type 4. La cirrhose pourrait être partiellement réversible sous abstinence complète.

  • L’hépatocarcinome est une cancérisation du foie atteint de cirrhose.

La fibrose est réversible sous abstinence (on peut passer d’un stade F3 à F2 voire F1). La cirrhose serait parfois réversible sous abstinence, sauf si elle est découverte au stade de cirrhose avec complications (par exemple ictère ou jaunisse).

Plus sévère sera la stéatose et la stéato-hépatite, plus il y de risque d’évolution cirrhotique. La stéatose, en soi n’est pas un facteur prédicteur de cirrhose. La stéatose est diagnostiquée par une échographie du foie (ultrasons). La stéatose est entièrement réversible dans les 30 jours après l’arrêt de la boisson.

En cas de stéatose le risque de développer une fibrose ou une cirrhose est nettement supérieur chez la femme : quasi 30 %. Alors que ce risque n’est « que » de 15 % chez l’homme.

Le risque d’évolution vers une cirrhose « décolle » pour des consommations de 6 à 9 verres standard/jour.

Le risque de développer une cirrhose augmente d’un facteur 3,4 si la consommation se fait en dehors des repas ; d’un facteur 2,5 si la consommation porte sur des spiritueux ou de la bière par rapport au vin (il faut ajouter que les buveurs de vins sont souvent des « mangeurs d’olives » ; les buveurs de bière ou de spiritueux de « chips » ; la diététique associée est un facteur plus important que la distinction bière/vin/spiritueux ) ; d’un facteur 2,5 si la consommation est quotidienne versus une consommation de weekend.

L’obésité et l’insulinorésistance (« prédiabète » ou diabète) sont les meilleurs prédicteurs d’évolution vers la cirrhose ; les conseils pondéraux aux buveurs excessifs sont donc très importants ; au-delà d’un BMI de 28, les risques de cirrhose augmentent considérablement. Le BMI est un indice de « masse » (Body Mass Index).

L’usage de café protège le foie ! Trois tasses de café par jour, c’est tout bénéfice (anti-oxydant) !

Les déficiences en vitamine D (< 10 ng/ml) sont fréquentes et augmentent les risques de cirrhose (mais il s’agit plutôt d’études d’association que de lien de cause à effet).

Les aspects génétiques interviennent aussi : le « polymorphisme » génétique « PNPLA3 » augmente les risques de maladie alcoolique du foie (MAF) de et de NASH.

Les hispaniques ont un risque accru de cirrhose.

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