Pendant la grossesse, on ne boit pas du tout, le message est clair. Mais quel est le risque pour l’enfant à naître si la maman boit. Pouvez-vous préciser ?

On distingue donc le syndrome d’alcoolisme fœtal (SAF) et les effets fœto-alcooliques (EFA).

Le SAF est constitué d’une triade : anomalies crânio-faciales, retard de croissance (poids, taille, périmètre crânien) et anomalies neurologiques, cognitives et du développement.
Les « effets fœto-alcooliques » (EFA) prennent différentes formes : soit un SAF incomplet, soit des anomalies neurologiques et/ou cognitives et/ou du développement du bébé d’une maman qui a bu pendant la grossesse.

Quelle dose d’alcool est dangereuse ?
Initialement, lors de la description du syndrome d’alcoolisme fœtal (1968), on incriminait la consommation régulière et importante de boissons alcoolisées. On sait qu’il en est tout autrement : même des consommations occasionnelles, voire ponctuelles de petites doses peuvent donner ces lésions. De façon encore plus restrictive, on sait qu’une seule alcoolisation type binge drinking peut causer des lésions au fœtus. Il ne faut pas oublier que, pendant les 15 premiers jours de la grossesse, la femme ignore qu’elle est enceinte ; c’est le retard de règles qui va attirer son attention (on est alors à « 2 semaines »).

Ces lésions du foetus (SAF et EFA) sont-elles fréquentes ?
Il n’y pas de chiffres précis en Belgique à ce sujet ; on peut néanmoins procéder par extrapolation des chiffres existant dans d’autres pays où cette épidémiologie existe.
La prévalence mondiale des Effets Fœto-Alcooliques (EFA) se situe entre 2 et 6/1000 et celle du Syndrome d’Alcoolisme Fœtal (SAF) entre 0,5 et 3/1000 avec une moyenne à 1,9/1000.
Si l’on considère 120.000 naissances/an en Belgique, entre 240 et 720 enfants sont atteints d’EFA et entre 60 et 360 du SAF ! Pas de chiffre précis en Belgique (ni en France).

Description du SAF : une triade

  • Retard de croissance : diminution du poids ; diminution de la taille et diminution du périmètre crânien

  • Altérations du système nerveux central (cerveau) : anomalies morphologiques et fonctionnelles. Microcéphalie congénitale. Anomalie de l’examen neurologique. Déficit intellectuel, difficultés d’apprentissage, dyscalculie, trouble de l’attention, de la mémorisation, difficulté d’abstraction. Incidence accrue d’épilepsie et d’infirmité motrice-cérébrale. Le QI moyen est de 70.

  • Anomalies crânio-faciales : voir schéma ci-dessous

L’exposition à l’alcool doit être prouvée !
Dans 30 % des cas, il y a des malformations du cœur, des reins, des membres, des yeux.
 

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