L’alcool booste-t-il les relations sexuelles ou serait-ce le contraire ?

« Boire ou séduire, il faut choisir » !

En cas d’alcoolisation aiguë voici les inconvénients :

  • Désinhibition : comportements sexuels à risque (gare aux maladies sexuellement transmissibles, grossesses non désirées)

  • Décodage erroné des attentes et intentions de l’autre

  • Croyances erronées en ses propres possibilités et performances physiques (surestimation chez l’homme) ou la possibilité de séduire l’autre ou de voir l’autre se laisser séduire après un petit verre

  • L’autre est merveilleux/merveilleuse ! (Pas toujours le lendemain !)

  • Perte de ses valeurs habituelles et perte de la « gêne » (se laisser photographier ou photographier, ensuite usage/chantage de ces clichés…)

  • Violence faite aux femmes, l’homme ayant bu. Ou femmes buvant préalablement pour accepter la violence de la relation avec le partenaire souvent alcoolisé et violent ; l’alcool de la soumission. La relation sexuelle subie ne se conçoit plus qu’alcoolisée.

  • Perturbation de l’érection, de l’éjaculation et de l’orgasme.

En cas d’alcoolisation chronique :

  • Chez l’homme :

    • Troubles hormonaux avec augmentation des œstrogènes chez l’homme. Il en résulte une « poitrine » chez l’homme (gynécomastie) et une obésité type féminine (bas-abdomen et hanches)
    • Atteintes vasculaires fréquentes (artériosclérose induite par l’abus d’alcool) : trouble de l’érection
    • Tabagisme associé (en cure de désintoxication alcoolique, le tabagisme concerne 70 % des patients) et ses complications vasculaires propres (le tabac est une cause majeure d’artériosclérose)
    • Diabète fréquemment associé chez ces patients (le diabète est aussi source d’artériosclérose et de polynévrite)
    • Polynévrites fréquentes et leurs conséquences au niveau sexuel (perte de sensibilité des muqueuses et atteinte de l’innervation des vaisseaux sanguins)
    • L’éjaculation peut être retardée ou pas d’éjaculation
    • Sensation orgasmique affaiblie
    • Echecs répétés de la « sexualité ordinaire » menant à une sexualité plus débridée
       
  • Chez la femme :
    • Troubles des règles : hémorragies excessives, perte des règles (aménorrhée)
    • La carence œstrogénique et un déficit vasculaire de phase d’excitation contribuent à une sècheresse vaginale, à un trouble de lubrification. Dyspareunie fréquente (relations douloureuses)
    • Les troubles hormonaux et la polynévrite (qui donne un manque de sensibilité des muqueuses) contribuent à la perte ou à une diminution de la qualité de l’orgasme
    • Le temps de récupération après abstinence est très variable ; les dégâts physiques sont parfois réversibles, parfois irréversibles
    • A côté des facteurs physiques susmentionnés, il y le temps nécessaire pour retrouver la confiance au sein du couple, confiance qui a été mise à mal par les années d’alcoolisation et les rechutes ; là aussi, il y des « dégâts » (psychiques) réversibles et irréversibles
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NB : cette réponse est inspirée d’un exposé du Dr Armand Lequeux dans le cadre du certificat interuniversitaire d’alcoologie 2017-2018.

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