Mon mari sort d’une cure de désintoxication. Il a décidé de ne plus boire. Comment gérer l’alcool à la maison ?

Faut-il de l’alcool à la maison, oui ou non ? Il n’y a pas de réponse universelle.

Si la personne vit seule, avoir des boissons alcoolisées à la maison est plutôt imprudent. Si cette personne souhaite recevoir des amis et leur offrir un repas et un verre de vin, le plus sage sera de faire l’achat le jour du repas et de suggérer aux invités de repartir avec le fond de la bouteille ou de vider celle-ci dans l’évier après le repas.

Si la personne vit en famille, l’attitude est plus complexe. La personne abstinente a fait un choix responsable qui est le sien. La personne abstinente doit « apprendre » à vivre dans le monde tel qu’il est et avec sa famille telle qu’elle est dans sa diversité. Faire disparaitre de la table familiale ou amicale tout alcool est inapproprié et, tout d’abord, mettra le plus souvent profondément mal à l’aise la personne abstinente elle-même. Au début du processus d’abstinence – par exemple lors d’un weekend thérapeutique si la personne est en cure –, on peut concevoir que la famille mette l’alcool à distance et prévoit une table sans boissons alcoolisées. Ensuite, la personne alcoolique abstinente devra apprendre à vivre avec l’alcool social des autres. Si la personne alcoolique est le « mari », il devra accepter que son épouse prenne plaisir à boire un verre de vin au repas ou que ses fils et filles adultes prennent une « bonne » bière devant la TV. Il devra accepter qu’au restaurant l’on commande une bouteille de vin ou un carafon de vin et une boisson non-alcoolisée pour lui. Dans une situation d’abstinence réussie et « heureuse », le fait que d’autres boivent avec modération (et même parfois avec moins de modération) ne perturbera pas ou plus une personne abstinente qui a posé ce choix responsable et motivé. Une cave à vin gérée par Madame si Monsieur est la personne abstinente n’est pas une incohérence ou un danger par essence. Un dialogue en famille autour de cette question – la disponibilité des boissons à la maison – doit toujours pouvoir se (re)faire ; si la personne abstinente est temporairement plus fragile, elle doit pouvoir en parler à ses proches et on peut alors prendre des mesures temporaires pour rendre cette « tentation » moins prégnante.

La gestion de l’alcool à la maison doit se faire au cas par cas, après discussion en couple et avec les enfants adultes s’ils vivent encore sous le toit parental. Cette gestion s’adaptera à l’évolution du malade alcoolique.

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